Délai de vente à Toulouse : 2 467 transactions de moins qu'en 2019

Façades de brique rose toulousaines avec panneaux d'agences immobilières

En bref

Le marché toulousain a enregistré 6 571 ventes de logements anciens en 2024, contre 9 038 en 2019, soit 27 % de moins. Les prix ont pourtant progressé de 10 % au mètre carré.

Dans un marché où les acheteurs se raréfient, la classe énergétique cesse d'être un détail de fin de visite.

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Ce que le DPE change au délai de vente

Aucun texte n'impose de délai. Ce qui joue, c'est le comportement de l'acheteur : la classe figure dans l'annonce, donc elle intervient avant même la visite, au moment du tri.

Un bien mal classé reçoit moins de contacts, et ceux qu'il reçoit arrivent avec un argument de négociation déjà formé. Le sujet croise directement la répartition des classes sur la commune.

Un marché qui a perdu plus d'un quart de son volume

Les chiffres sont nets. En 2024, 6 571 ventes de logements anciens ont été enregistrées à Toulouse, pour un prix moyen de 216 291 € et 3 497 € du mètre carré, sur une surface moyenne de 63 mètres carrés.

En 2019, la commune comptait 9 038 ventes à 3 178 € le mètre carré. Le volume a donc reculé de 2 467 transactions, soit 27 %, pendant que le prix au mètre carré gagnait 10 %.

Moins d'acheteurs, plus d'exigence

Ce ciseau change la position du vendeur. Quand 9 000 ventes se concluent dans l'année, un bien moyen trouve preneur par le simple effet du nombre. À 6 571, chaque acheteur compare davantage.

Le prix, lui, ne baisse pas : il monte de 198 787 € à 216 291 € en moyenne, soit 8,8 %, et le mètre carré de 3 178 € à 3 497 €. L'acheteur paie donc plus cher un choix plus rare, et il arbitre plus finement.

La surface moyenne vendue n'a pas bougé, 63 mètres carrés en 2019 comme en 2024. Ce ne sont donc pas des biens différents qui se vendent, mais les mêmes, moins nombreux et plus chers. Le tri se fait sur la qualité, et l'étiquette en fait partie.

Le parc toulousain par étiquette

Sur 188 753 diagnostics publiés, 8 173 logements sont classés F ou G, dont 2 145 en G. C'est peu rapporté à la taille du parc : 4,3 %, l'un des taux les plus bas des grandes villes.

La classe C domine avec 93 141 logements, soit 49,3 %, devant la classe D à 47 912. Les classes A ou B rassemblent 18 972 logements.

Un parc bien noté, donc une concurrence serrée

C'est le revers du bon profil toulousain. Avec près d'un logement sur deux en C et 18 972 biens en A ou B, l'acheteur trouve facilement une alternative correctement classée.

Dans ce contexte, un logement en E ou F ne souffre pas seulement de sa note : il souffre de la comparaison immédiate avec l'offre voisine. C'est là que le délai s'allonge.

Le rapport est parlant. Pour 20 555 logements classés E, l'acheteur toulousain dispose de 93 141 alternatives en C. À surface et quartier comparables, il n'a aucune raison de transiger.

La maison, cas particulier toulousain

Le risque n'est pas réparti également. Les 13 487 maisons diagnostiquées affichent 10,2 % de logements classés F ou G, contre 3,8 % pour les 169 193 appartements.

Or la maison ne représente que 979 des 6 571 ventes de 2024, soit moins d'une transaction sur six. Le vendeur de maison toulousaine cumule donc un marché étroit et un risque énergétique presque trois fois supérieur à celui du collectif.

Ce qui allonge concrètement un délai

Trois situations reviennent. Le diagnostic manquant à la publication de l'annonce, qui retarde les premières visites. La classe découverte tardivement, qui rouvre la négociation quand elle était close. Et l'écart entre la classe annoncée et celle du rapport, qui fait reculer un acheteur déjà engagé.

Aucune ne tient au marché : les trois relèvent de la préparation du dossier.

La troisième est la plus coûteuse. Un acheteur qui découvre une classe E après avoir visité un bien annoncé sans mention perd confiance dans l'ensemble du dossier, et la négociation ne porte alors plus seulement sur l'énergie.

Ce que le calcul retient faute de preuve

Une limite de méthode explique bien des mauvaises surprises. Le diagnostiqueur n'ouvre aucune paroi : devant un mur enduit, il ne peut pas certifier qu'un isolant se trouve derrière.

La méthode lui impose alors une valeur par défaut, 2,5 W/(m².K), celle d'un mur nu, délibérément sévère. Une part des notes basses toulousaines décrit un bâti réellement non isolé, une autre un bâti dont personne n'a produit la preuve.

Le document qui évite le retard

Un écrit suffit, à condition qu'il nomme le matériau posé et qu'il donne son épaisseur : facture d'entreprise, devis signé, notice de constructeur, dossier d'aide publique.

Avec 169 193 appartements sur 188 753 diagnostics, cette pièce se trouve souvent chez le syndic. Le carnet d'entretien et les votes d'assemblée sur les façades sont à demander avant la visite, comme l'explique le DPE en copropriété.

Le calendrier locatif pèse aussi sur la vente

Un acheteur investisseur regarde d'abord si le bien restera louable. Les logements classés G sont exclus de tout nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.

À Toulouse, cela vise 2 145 logements aujourd'hui, 8 173 en 2028, puis près de 28 700 en comptant les 20 555 classés E. Un bien en E se vend donc à un acheteur qui sait avoir huit ans devant lui, sujet développé sur les passoires thermiques.

L'ordre des opérations qui fait gagner du temps

Commander le diagnostic avant de publier l'annonce, et non après la première offre. La classe figure alors dès la première ligne, elle sélectionne les acheteurs plutôt que de les faire reculer.

Les repères de tarif figurent sur le prix d'un DPE à Toulouse, et le contenu du dossier complet sur les diagnostics de vente.

Quand la note est mauvaise

Il reste une carte à jouer. L'audit énergétique chiffre les travaux et leurs gains, ce qui transforme un reproche vague en scénario documenté.

Un acheteur qui voit un devis chiffré négocie sur un montant connu, pas sur une inquiétude. C'est souvent la différence entre une vente qui traîne et une vente qui se conclut.

Sur un marché qui a perdu 2 467 acheteurs en cinq ans, cette différence ne se rattrape pas en baissant le prix : elle se joue avant la mise en vente, dans la qualité du dossier remis dès la première visite.

Questions fréquentes

Un mauvais DPE rallonge-t-il vraiment le délai de vente à Toulouse ?

Aucun texte n'impose de délai, mais la classe figure dans l'annonce et intervient au moment du tri. Sur un marché passé de 9 038 à 6 571 ventes, l'acheteur compare davantage et écarte plus vite.

Le marché toulousain a-t-il baissé ?

En volume oui, en prix non. Les ventes sont passées de 9 038 en 2019 à 6 571 en 2024, soit 27 % de moins, pendant que le prix au mètre carré progressait de 3 178 € à 3 497 €.

Quel type de bien est le plus exposé ?

La maison. 10,2 % des 13 487 maisons toulousaines sont classées F ou G, contre 3,8 % des 169 193 appartements. Et la maison ne représente que 979 des 6 571 ventes de 2024.

Combien de logements sont classés F ou G à Toulouse ?

8 173 sur 188 753 diagnostics publiés, soit 4,3 %, dont 2 145 en G. En ajoutant les 20 555 logements classés E, visés en 2034, près de 28 700 biens sont concernés par le calendrier locatif.

Quand faut-il commander le diagnostic ?

Avant de publier l'annonce. La classe doit y figurer, et un diagnostic commandé après la première offre rouvre une négociation que le vendeur croyait close.

Sources officielles

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